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Nouveau Président de l’Assemblée législative de la Colombie-Britannique

Le 22 juin, le député provincial de Kelowna-Mission, Steve Thomson, a remplacé Linda Reid et est devenu Président de l’Assemblée législative de la Colombie-Britannique.

Il a été directeur général du Conseil de l’agriculture de la Colombie-Britannique, de l’Association des fruiticulteurs de la Colombie-Britannique et de l’Association des producteurs laitiers de la Colombie-Britannique. Il a également été directeur du musée de Kelowna, du Fonds d’innovation d’Okanagan et du Réseau de la bioénergie de la Colombie-Britannique.

Il a aussi fait partie de l’équipe de rugby nationale du Canada. La première ministre Christy Clark a d’ailleurs dit qu’il n’y avait pas de meilleure personne que lui pour donner le ton au débat ou de meilleur homme que lui pour faire appliquer les règles.

Ancien ministre des Forêts, Steve Thomson a été Président pendant une brève session au bout de laquelle le gouvernement libéral a été défait en raison d’une motion de censure. Il a démissionné de la présidence le 29 juin. Au moment d’écrire ces lignes, le poste est toujours vacant.

Nouveau Président de l’Assemblée législative de Terre-Neuve-et-Labrador

Le député provincial de Lake Melville, Perry Trimper, a été élu Président de l’Assemblée législative de Terre-Neuve-et-Labrador le 8 août, défaisant ainsi la députée provinciale de Harbour Grace-Port de Grave, Pam Parsons, à l’issue d’une élection par scrutin secret. Il remplace Tom Osborne, qui a été nommé ministre le 31 juillet. La vice-présidente, Lisa Dempster, a été nommée ministre à l’occasion de ce remaniement ministériel.

Perry Trimper, qui a été élu pour la première fois en 2015, est né en Nouvelle-Écosse et vit au Labrador depuis 1987. Ancien scientifique principal pour la société Stantec, il a travaillé dans les domaines de l’évaluation environnementale, de la recherche et des modèles d’utilisation des terres associés aux projets d’exploitation des ressources au Labrador et dans d’autres régions nordiques du monde.

M. Trimper a été ministre responsable des Affaires francophones, du Changement climatique, de l’Agence des achats gouvernementaux et de WorkplaceNL.

Ce résident de Happy Valley-Goose Bay a déclaré qu’il pense être le premier Président à représenter la partie continentale de la province et que c’est un honneur pour lui de partager cette réussite avec l’ensemble des habitants du Labrador.

M. Trimper, qui a promis de continuer sur la lancée de Tom Osborne et d’améliorer le décorum à la Chambre, a présidé une période des questions non planifiée proposée par l’opposition tout juste après avoir été nommé à ce poste.

55e Conférence régionale canadienne de l’APC

Du 16 au 22 juillet 2017, plus de 60 parlementaires et invités se sont rassemblés à Winnipeg pour participer à la 55e Conférence régionale canadienne annuelle de l’APC. Cette ville, qui se désigne fièrement comme étant le cœur du continent, a accueilli chaleureusement les participants, comme à son habitude. Le programme établi par les organisateurs de la conférence était réellement motivant et intéressant.

Réunions de la section canadienne des Femmes parlementaires du Commonwealth

Les 16 et 17 juillet 2017, des femmes parlementaires canadiennes se sont réunies pour discuter des récents événements de l’année et planifier l’année à venir. Le 16 juillet, Lisa Thompson, députée provinciale en Ontario, a été nommée vice-présidente du Comité directeur des Femmes parlementaires du Commonwealth (FPC), par acclamation. Elle profitera de son mandat de trois ans pour observer la prochaine présidente des FPC, Laura Ross, députée provinciale en Saskatchewan, avant d’assumer ses fonctions.

La présidente sortante, Linda Reid, a expliqué que le défi des FPC consiste à élargir la voie pour que d’autres femmes se joignent à elles. Diverses initiatives mises en œuvre par l’organisation, notamment les initiatives de jumelage avec les pays des Caraïbes membres du Commonwealth, le financement distinct consacré par le Comité exécutif international de l’APC aux projets de sensibilisation des FPC et le programme Héritières du suffrage, qui a connu un franc succès, ont été saluées, car elles aident l’organisation à relever ce défi. Laura Ross a souligné que ce programme a été stimulant et qu’il leur a donné confiance en la capacité de la prochaine génération de poser des questions difficiles.

La députée de l’Ontario, Yasmin Ratansi, a fait le point sur la récente conférence internationale des FPC, dont le thème était la violence politique contre les femmes. Pendant l’événement, Mme Taransi a présenté de l’information concernant la budgétisation différenciée selon les sexes. Elle a été invitée à donner un atelier de maître à ce sujet.

Linda Reid a déclaré que même si elle n’a pas réussi à se faire élire présidente des FPC, selon ce qu’elle a observé lors de la réunion et ce que les membres votants lui ont dit, elle est heureuse des résultats. Elle a expliqué que certains membres internationaux des FPC ne pensent pas que le Canada, l’Australie et d’autres pays semblables du Commonwealth ont autant besoin des FPC qu’eux. Les politiciennes d’autres pays savent qu’elles mettent peutêtre leur vie en danger en se présentant comme candidates aux élections. Elle a ajouté que ces femmes ont vraiment besoin de ce genre de postes et que la section canadienne des FPC devrait être là pour les aider.

Lors des présentations des membres du groupe d’experts, la deuxième journée, Amna Ally, députée au Guyana, et Karen E. Malcolm, députée aux îles Turks et Caicos, ont parlé du pourcentage de femmes élues ou nommées dans leurs pays respectifs et souligné de récentes réalisations, notamment le fait qu’aux îles Turks et Caicos, ce sont des femmes qui occupent tous les postes les plus élevés du pays, sauf celui de gouverneur.

La directrice générale de l’organisme À voix égales, Nancy Peckford, et l’ancienne députée Eleni Bakopanos, qui est la vice-présidente de la section du Québec, ont fait une récapitulation de l’événement Héritières du suffrage et une analyse honnête des nombreux avantages (sensibilisation accrue, liens de réseautage durables, appui général des parlementaires) et des quelques désavantages (accès non universel aux services de traduction, intimidation en ligne de certaines déléguées) de l’événement. Alexa Lewis, une déléguée d’Héritières du suffrage qui a assisté à la conférence, a souligné que c’était l’une des premières fois qu’elle se sentait réellement Canadienne. À voix égales a reçu des subventions pour un projet commémoratif qui vise à continuer à bâtir et à entretenir les réseaux qui ont été créés. Un autre événement Héritières du suffrage est prévu en 2020.

Pendant une séance portant sur l’interaction avec les médias, les présentatrices, Mary Agnes Welch, journaliste politique, et Louise Waldman, spécialiste des relations publiques, ont offert des conseils sur la façon de communiquer avec les journalistes. Elles ont parlé du sexisme subtil, tout en expliquant ce que les femmes parlementaires peuvent faire pour utiliser leur genre en leur faveur.

Lors de la dernière séance, Sandy Mayzell a expliqué comment une réunion des FPC précédente avait été une source d’inspiration pour son projet d’éducation intitulé Dancing Backwards, qui favorise l’étude des politiciennes dans les programmes d’histoire de la cinquième à la huitième année partout au pays. Le programme crée un répertoire d’histoires de politiciennes relatées par les élèves au moyen de divers médias.

Première séance — Chahut et civilité à la Chambre

La première séance de la conférence portait sur le chahut à la Chambre. Les membres du groupe d’experts, dont la Présidente de l’Assemblée législative du Manitoba, Myrna Driedger, le Président de l’Assemblée législative de l’Ontario, Dave Levac, le Président de l’Assemblée législative de la Saskatchewan, Corey Tochor, et le vice-président de la Chambre des communes, Bruce Stanton, ont communiqué leur opinion sur la question. Mme Driedger a souligné qu’elle avait ellemême participé au chahut quand elle était députée de l’opposition, mais qu’elle a une opinion différente à ce sujet depuis qu’elle est assume la présidence et qu’elle voit désormais le tout d’une autre façon. Elle a dit que lorsque des enfants dans la tribune sont témoins de ce genre de comportement, ils ont l’impression qu’il s’agit d’intimidation entre adultes. M. Levac a laissé entendre que le chahut a sa place dans le débat, mais qu’il ne tolère pas la misogynie, l’intimidation ou le chahut qui empêche le député qui a la parole de s’exprimer. Il a souligné qu’il observe la règle des trois fautes; ainsi, il nomme le député pris en défaut pour le prévenir avant de prendre toute mesure. M. Tochor a soutenu que l’élimination du chahut est presque une activité partisane, car ce type de décision sert d’abord et avant tout le gouvernement. Enfin, Bruce Stanton a affirmé que le chahut peut en fait élever le débat en favorisant la participation d’un plus grand nombre de députés d’arrière-ban et en obligeant les députés et les ministres à redoubler d’efforts. Cependant, il a également souligné qu’il y a une différence entre le chahut et l’obstruction volontaire. Pendant une période de questions et réponses, le Président de l’Assemblée législative de Terre-Neuve-et-Labrador, Tom Osborne, a souligné que s’il s’aperçoit que les députés provinciaux de l’opposition empêchent les ministres de répondre aux questions en faisant du tapage, il ne suspend pas les débats, mais que si les députés ministériels semblent faire du chahut pour tuer le temps, il suspend les débats jusqu’à ce qu’ils se calment afin de donner pleinement l’occasion aux députés de l’opposition de poser leurs questions.

Deuxième séance — Surmonter les obstacles propres aux professions à prédominance masculine

Lors de la deuxième séance, Katherine Bueti a fait une présentation. Mme Bueti, qui a servi dans l’armée canadienne, est maintenant avocate de la défense au cabinet d’avocats Bueti, Wasyliw, Wiebe. Elle a parlé du harcèlement sexuel et de la misogynie dont elle a été victime lorsqu’il y avait encore relativement peu de femmes dans ce genre de profession. Elle a aussi parlé des groupes de soutien informels de femmes qui se sont créés dans les professions de ce genre et du fait que les choses changent, même si cela prend du temps.

Troisième séance — Favoriser la prospérité des peuples autochtones

La troisième séance était une période de questions et réponses avec James Wilson, sousministre de la Croissance, de l’Entreprise et du Commerce du Manitoba, et Angie Bruce, sousministre des Relations avec les Autochtones et les municipalités du Manitoba. James Wilson et Angie Bruce ont présenté des stratégies fructueuses dont les communautés des Premières Nations et les peuples autochtones se servent pour favoriser la croissance économique et accroître leur sécurité. Toutefois, ils ont insisté sur la complexité du colonialisme, qui est ancré dans les institutions, ce qui crée d’importants obstacles, et sur le fait que tous les ordres de gouvernement ont de la difficulté à gérer les enjeux relationnels et les questions de compétence avec une population autochtone d’une diversité exceptionnelle, partout au pays et même dans les provinces.

Quatrième séance — Ma génération : les enfants du millénaire

Lors de la quatrième séance, les participants se sont penchés sur la génération du millénaire du Canada, qui va bientôt avoir l’âge de participer à la politique. Shannon Sampert, une professeure associée du Département de sciences politiques de l’Université de Winnipeg, a étudié des données récentes sur le vote et les enfants du millénaire. Le taux de participation chez ce groupe démographique était en hausse lors des dernières élections, surtout dans lorsque la lutte entre les candidats était chaude ou lors d’élections générales aux résultats incertains. Elle a souligné que cette génération a une grande méfiance et fait preuve de cynisme en ce qui concerne la politique. Bien que les enfants du millénaire soient engagés politiquement, ils croient généralement que les gouvernements les ont abandonnés. Adrienne Tessier, vicepremière ministre du Parlement jeunesse du Manitoba, a laissé entendre que la vision du monde de la génération du millénaire découle essentiellement de l’insécurité liée aux attaques du 11 septembre contre les États-Unis, de la grande récession et de la tendance vers l’emploi précaire et l’économie à la demande. Lisa Cefali, l’une des partenaires du groupe Legacy Bowes, qui se consacre au recrutement de cadres, a proposé d’utiliser les expériences de vie et les compétences distinctes de groupes intergénérationnels afin de résoudre les problèmes. La génération du millénaire, aussi connue comme la génération des jeux vidéo, a appris que si elle s’efforce d’atteindre le prochain niveau, elle le peut, mais que si elle échoue, elle peut simplement recommencer jusqu’à ce qu’elle réussisse enfin. Toutefois, ces jeunes doivent comprendre pourquoi ils font quelque chose afin d’y croire et de s’investir. Dana Oftedal, directrice de la gestion de la marque de Red River Mutual, a souligné que la responsabilité des entreprises compte beaucoup pour cette génération, qui est prête à passer d’une marque à une autre pour une bonne cause, tant que l’entreprise démontre qu’elle croit en cette cause. Enfin, Catherine Fournier, une députée du Parti Québécois qui est la femme la plus jeune jamais élue à l’Assemblée nationale, a mentionné que cette génération cherche à éviter la partisanerie excessive et veut choisir les idées à la carte.

Cinquième séance – La santé mentale en politique : il est temps d’en parler

Lors de cette séance, il a été question de l’épuisement professionnel en politique, de la conciliation travailvie et de la gestion des troubles de l’humeur et d’autres troubles mentaux dans le secteur public. La directrice générale de la Mood Disorders Association du Manitoba, Tara Brousseau-Snider, a dressé la liste des symptômes associés à l’épuisement professionnel et dit que certains troubles, comme le trouble bipolaire, sont communs chez les politiciens, car ils ont tendance à être créatifs et à avoir de l’énergie à revendre. Royce Koop, du Département de sciences politiques de l’Université du Manitoba, a passé en revue l’information contenue dans les entrevues de fin d’emploi menées par Samara, dans lesquelles les gens ont souligné la nécessité de mettre en œuvre des stratégies pour minimiser la tension au sein des familles, en réduisant possiblement la semaine de travail et les heures de séance et en assurant un meilleur accès aux services de garde. Sharon Blady, une ancienne députée provinciale au Manitoba, a parlé de son expérience personnelle comme politicienne élue ayant eu un trouble de l’humeur, en l’occurrence la dépression postpartum. Elle a déclaré que beaucoup de grands leaders ont souffert de troubles de l’humeur et que ceux qui en sont atteints ne devraient pas s’en cacher. Elle a souligné que ces leaders avaient aiguisé leur capacité à travailler en temps de crise et que cela devait être vu comme un atout, et non comme un défaut.

Sixième séance – Les sondages à l’époque Trump : défis et leçons

Christopher Adams, un ancien spécialiste des sondages qui travaille maintenant comme politologue au Collège St. Paul’s de l’Université du Manitoba, a fait remarquer que les prévisions des entreprises de sondage ont parfois été erronées au cours des dernières années et que cette situation a été fort médiatisée. Il a expliqué que le défi actuel était d’identifier un mini-électorat représentatif à des fins d’échantillonnage. Toutefois, il a également affirmé que lors des récentes élections, les spécialistes des sondages avaient prédit de façon précise le vote populaire, mais s’étaient trompés concernant la répartition des sièges.

Septième séance — Simple comme un gazouillis d’oiseau : l’art de la communication efficace sur les médias sociaux et en politique

Susie Parker, du Sparker Strategy Group, Steve Lambert, de la Presse canadienne, et Bernard Davis, député de l’Assemblée législative de Terre-Neuve-et-Labrador, ont parlé du fait que les politiciens se servent de plus en plus des médias sociaux pour interagir avec les électeurs et transmettre leurs messages. Ils ont souligné que puisque l’époque d’Internet et des médias sociaux où tout est permis tire à sa fin, nous nous dirigeons probablement vers un mode de fonctionnement plus surveillé et plus poli. Cela dit, ils recommandent de garder des saisies d’écran comme preuve avant d’effacer tout message offensant ou de bloquer les coupables. Mme Parker a aussi expliqué qu’il n’est pas nécessaire de garder une présence sur toutes les plateformes. Elle a recommandé que les politiciens en choisissent une ou deux et qu’ils les adoptent pleinement, tout en veillant à ce que les membres de leur personnel qui les utilisent suivent des lignes directrices précises afin de créer des publications différentes des leurs. Par exemple, certains politiciens se servent de leurs initiales pour montrer qu’une publication est la leur, tandis que les membres de leur personnel, eux, y incluent une note comme « Du bureau de… ».

Huitième séance — S’adapter à la vie civile après une carrière politique

La dernière séance de la conférence portait sur le retrait de la vie politique. Qu’une personne quitte la vie politique parce qu’elle l’a choisi ou parce que l’électorat en a décidé ainsi, la transition est souvent difficile pour de nombreux anciens politiciens qui se sont bâti une identité liée à leur emploi. Gord Macintosh, un ancien député du Manitoba, a conseillé aux parlementaires de prendre leur travail au sérieux sans se prendre eux-mêmes trop au sérieux : « Si vous vous prenez trop au sérieux, vous vous préparez à vivre une grande chute ». Une autre ancienne députée du Manitoba, Kerri Irvin-Ross, a dit que les parlementaires qui retournent dans le secteur privé se rendent parfois compte qu’ils ont acquis une foule de compétences utiles en politique, mais ne savent pas comment vanter leurs mérites auprès d’entreprises ou d’organismes. Barbara Bowes, du groupe Legacy Bowes, a énuméré huit facteurs de motivation sur lesquels nous devrions nous pencher pour savoir quel emploi nous convient le mieux.

Les participants à la conférence ont vanté la gamme de sujets abordés et la compétence des experts. La conférence régionale canadienne de l’APC aura lieu à Ottawa en 2018.


Canadian Parliamentary Review Cover
Vol 40 no 3
2017






Dernière mise à jour : 2017-11-08