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Steve Priestley
La « mère des Parlements » peut avoir une réputation de matrone assez « collet
monté », mais, en réalité, elle renouvelle constamment sa garde-robe. Le
présent article examine certaines des modes les plus récentes en matière
de procédure qui ont été lancées à Westminster depuis l'élection du gouvernement
néo-travailliste, en 1997.
Un bon parent devrait être prêt à tirer des leçons de ses descendants.
La décision qui a été prise en 1999 d'adopter à Westminster une variante
du « Comité principal » du Parlement australien en est un excellent exemple.
À Canberra, la Chambre des représentants tient des séances dans plus d'une
salle à la fois depuis 1994. Lorsqu'elle siège à l'extérieur de la Chambre
principale, la Chambre est constituée comme le Comité principal. Ce comité,
qui n'est pas sans ressembler au Comité plénier en ce sens que tout député
peut y assister, fournit un autre forum pour la deuxième lecture et les
étapes ultérieures des projets de loi ainsi que pour le débat des rapports
de comité et des autres documents déposés à la Chambre.
L'avantage d'un tel système est clair : la Chambre peut soit entreprendre
d'autres travaux, soit consacrer plus de temps aux travaux qu'elle a déjà
entrepris. Les inconvénients possibles sont également clairs : puisqu'il
y a deux chambres en activité, les députés doivent choisir le débat auquel
ils souhaitent participer; et la présence aux deux chambres risque d'être
moindre que si une seule chambre est en activité.
Le Comité de modernisation de la Chambre des communes britannique (créé
par le gouvernement néo-travailliste pour faire avancer son programme de
réforme en matière de procédure de la Chambre et présidé par le leader
parlementaire) a été impressionné par le Comité principal de Canberra.
En 1998, il a présenté des propositions visant à créer un comité semblable
à Westminster. Jouissant d'une forte majorité, le gouvernement a été en
mesure de faire fi des hésitations des traditionalistes qui ne faisaient
pas tous partie de l'opposition conservatrice et, le 30 novembre 1999,
les séances de la Chambre ont commencé à se tenir à Westminster Hall.
Plus précisément, les séances ont débuté dans l'ancienne grande salle des
comités, située à proximité de la salle historique Westminster Hall. Le
terme « comité » n'était pas utilisé pour ces séances, puisqu'on estimait
qu'il ferait oublier le fait qu'il s'agissait de séances de la Chambre,
bien qu'elles ne se déroulent pas dans la Chambre. Quand celle-ci siège
à Westminster Hall ce qu'elle fait trois jours par semaine et parfois
en même temps qu'elle siège dans la Chambre principale la seule question
dont elle est saisie est l'ajournement de la séance; contrairement au modèle
australien, aucune affaire importante n'est traitée. Le but principal de
ces séances était de permettre aux simples députés de soulever des questions
d'actualité et d'entendre une réponse ministérielle. Pour ce faire, de
brefs débats ont lieu, qui peuvent durer 90 minutes ou 30 minutes et qui
ne sont pas sans ressembler au débat d'ajournement canadien. Les députés
font une demande de débats en présentant un sujet au président, qui dispose
d'un pouvoir discrétionnaire absolu à l'égard des affaires à traiter. Les
débats sont regroupés de manière à permettre à des ministres donnés de
répondre lors de journées précises.
Le gouvernement ou le Comité de liaison peut prendre l'initiative d'autres
débats, d'une durée de trois heures, à Westminster Hall. Dans ce dernier
cas, le débat (toujours sur une motion d'ajournement de la séance) porte
sur un rapport d'un comité de la Chambre.
À Westminster Hall, les séances sont devenues très prisées par la plupart
des députés. Seuls quelques traditionalistes inébranlables refusent d'y
participer. Beaucoup se sont rendu compte que, comparativement à la période
des questions, ces débats offrent d'excellentes occasions d'échanger plus
longuement et d'avoir des discussions moins houleuses et plus utiles. Le
compte rendu complet des débats est publié dans le Hansard, comme toute
autre séance de la Chambre, et beaucoup de débats sont couverts par la
presse. Somme toute, un cas intéressant d'une mère qui emprunte les vêtements
de sa fille, les ajuste à sa taille et qui constate qu'ils lui vont à merveille.
Changement d'horaire
Une autre conséquence de l'élection de 1997 d'un nombre inopinément important
de nouveaux députés dont beaucoup de femmes a été la demande renouvelée
d'avoir des horaires de séance qui tiennent davantage compte des besoins
des familles. Pendant des décennies, la Chambre se réunissait à 14 h 30 chaque
jour (9 h 30 le vendredi) et les débats se poursuivaient jusqu'à 22 h 30, souvent
plus tard (14 h 30 le vendredi). À n'en pas douter, cet horaire faisait l'affaire
des députés, peu nombreux en 1997, qui désiraient consacrer leurs matinées
à exercer le droit ou à traiter d'autres affaires à l'extérieur du Palais
de Westminster. Les séances du mercredi matin existaient déjà avant 1997,
mais cela n'allait pas suffire pour satisfaire les nouveaux députés tels
que les « belles de Blair » (« Blair Babes ») comme la presse à sensation
britannique, dont le mépris à l'égard de la rectitude politique est bien
connu, se plaisait à surnommer le grand nombre de députées travaillistes
élues lors de la victoire écrasante de 1997.
Par conséquent, le Comité de modernisation nouvellement créé a, une fois
de plus, scandalisé les traditionalistes en proposant de nouveaux horaires
de séance, et la Chambre s'est peut-être surprise elle-même en votant en
faveur des nouveaux horaires de séance les mardi, mercredi et jeudi. Les
heures de séance n'ont pas été changées le lundi, afin de permettre à la
plupart des députés qui quittent leur circonscription le lundi matin de
se rendre à Westminster. Ne pas avoir agi ainsi aurait saboté l'objectif
des nouveaux horaires « pro-famille ».
Ainsi, à partir de janvier 2003, la Chambre se réunissait à 11 h 30 les mardi,
mercredi et jeudi et clôturait à 19 h 30 (18 h 30 le jeudi). Pour tout député
qui siégeait avant 1997, cette situation était très étrange. Ce n'était
pas tant l'heure « matinale » qui laissait amplement de temps pour prendre
un petit-déjeuner consistant que l'heure de clôture qui causait des remous.
Qu'est supposé faire un député de ses soirées si la Chambre ne siège pas?
N'allez pas imaginer que les bars et les salles à manger faisaient des
affaires en or, car ce n'était pas le cas. En fait, les recettes ont baissé
fortement. N'étant plus tenus de se trouver dans les environs de la Chambre,
les députés constataient que leur agenda se remplissait d'invitations à
dîner à l'extérieur et, pire encore, de demandes visant à se réunir ou
à discuter avec toutes sortes de gens dont ils n'avaient rien à faire,
mais dont ils ne pouvaient raisonnablement refuser l'invitation.
Pourquoi alors n'étaient-ils pas avec leur famille? Pour les quelque 600 députés
dont la circonscription se situait à l'extérieur de Londres, la longue
navette pour retrouver leur famille restait une source de frustration.
Certains députés ont décidé de déménager à Londres avec leur famille. Toutefois,
la ville ne plaisant pas à celle-ci, cette solution s'est aussi soldée
par un échec. Le désabusement s'est installé, alimenté par les craintes
de partenaires absents, mécontents du fait que leur conjoint député, anciennement
très occupé, ne savait plus trop quoi faire.
Les contrecoups se sont rapidement fait sentir, aggravés par les préoccupations
des députés séniors face au fait que des comités permanents avaient de
la difficulté à fixer des heures de réunion qui n'entraient pas en conflit
avec les activités importantes qui étaient entreprises sur le parquet de
la Chambre. La décision a été examinée de nouveau et, à la faveur d'un
compromis qui ne donnait à aucun député tout ce qu'il désirait, mais à
la plupart des députés une partie de ce qu'ils désiraient, les anciens
horaires de séance ont été rétablis le mardi et les horaires de séance
ont été modifiés le jeudi, de 10 h 30 à 18 h 30. À l'heure actuelle, la Chambre
siège seulement 13 vendredis par année et traite alors exclusivement des
affaires émanant des députés.
Incidemment, la réduction de la semaine de travail à Westminster, soit
du lundi soir au mercredi soir (les affaires du jeudi étant habituellement
libres), a renforcé une tendance déjà observée, celle de députés passant
plus de temps dans leur circonscription. Beaucoup soutiennent que les députés
sont à risque de devenir des travailleurs sociaux survalorisés, davantage
préoccupés par la couverture dans leurs journaux locaux que par la participation
aux débats de la Chambre sur des questions d'intérêt national ou international.
Telles peuvent être les conséquences imprévues des initiatives prises pour
permettre aux députés de passer plus de temps avec leur famille.
Modifications terminologiques
Le terme « étranger » a longtemps été utilisé pour désigner toute personne
au Parlement qui n'est pas député ni fonctionnaire de l'une ou l'autre
chambre. Pour autant qu'on s'en souvienne, la tribune du public à la Chambre
des communes a été appelée la tribune des étrangers (Strangers' Gallery).
Le bar où les députés et les fonctionnaires peuvent amener des invités
a été surnommé le Bar des étrangers (Strangers' Bar). Lorsque le président
se dirige vers la Chambre pour ouvrir les séances, un policier choisi pour
sa voix forte et autoritaire crie « Hats off, Strangers! » (« Chapeaux bas,
étrangers! »).
Mais le mot « étranger » n'est pas un terme très respectueux ni inclusif
pour désigner les membres du public qui élisent les députés et auxquels
ils versent un salaire. C'est la conclusion à laquelle en est arrivé le
Comité de modernisation en 2004. Quelques mois plus tard, la Chambre a voté
en faveur de l'abolition du terme. Où qu'il apparaisse dans le Règlement
de la Chambre des communes, le terme « étranger » a été remplacé par les
termes « membre du public » et la « tribune des étrangers » est devenue la
« tribune du public ». Certains ont proposé que le policier à la voix tonitruante
crie ou dise poliment « Les intervenants auraient-ils l'obligeance de
retirer leur couvre-chef? » (Would stakeholders kindly remove their headwear?),
mais cette proposition n'a pas été adoptée à ce jour.
Et le « Bar des étrangers »? Cette expression n'est certainement pas l'Suvre
du Règlement de la Chambre des communes. Il n'y a pas non plus d'enseigne
à la porte avec la mention du mot offensant. Pour l'instant, on l'appelle
toujours ainsi et personne ne s'attend à ce qu'il change de nom de si tôt.
Des serments, pas des imprécations
De par la loi, chaque député élu qui souhaite siéger à Westminster doit
soit prêter le serment d'allégeance à Sa Majesté, soit faire une « affirmation
solennelle ». Les formules liées au serment et à l'affirmation sont énoncées
dans une loi du Parlement adoptée en 1978.
En 1997, l'élection de Gerry Adams et de Martin McGuinness dans des circonscriptions
d'Irlande du Nord ont entraîné un ensemble de circonstances dignes de remarque.
Les députés du Sinn Fein avaient déjà été élus, mais avaient toujours refusé
d'avoir quoi que ce soit à voir avec le Parlement de Westminster. Toutefois,
l'élection de 1997 ayant eu lieu après l'accord de Belfast sur le partage
du pouvoir en Irlande du Nord, les deux députés du Sinn Fein ont souhaité
représenter leur électorat dans le cadre de ce nouveau climat politique.
Ni un ni l'autre n'étaient cependant prêts à « déclarer solennellement et
sincèrement de rester fidèle et porter une sincère allégeance à Sa Majesté,
la Reine Élizabeth, à ses héritiers et à ses successeurs », conformément
à l'Oaths Act.
Un semblant de solution a été trouvé, qu'aucune des personnes intéressées
n'a probablement jugé entièrement satisfaisant. Des bureaux et des installations
ont été mis à la disposition de MM. Adams et McGuinness à Westminster pour
leur permettre de travailler au nom de leurs électeurs, mais on leur a
refusé les services de la procédure jusqu'à ce qu'ils acceptent de prêter
serment ou de faire l'affirmation, comme prévu par la loi. Ils ne peuvent
pas prendre la parole lors d'un débat; ils ne peuvent pas poser de questions
à un ministre ni présenter d'amendement à un projet de loi; ils ne peuvent
pas siéger à des comités.
Toutefois, le serment n'est pas entièrement non modifié. En 1974, le président
a statué officieusement que les députés de la Chambre des communes unilingues
pouvaient, sur demande, réciter le serment ou l'affirmation en gallois
ou en gaélique d'Écosse. Après l'élection générale de 2005, cette décision
a une fois de plus été modifiée pour permettre d'utiliser le cornique,
même si le dernier locuteur d'origine de cette langue était mort depuis
plus d'un siècle.
Avec les régions plus éloignées du Pays de Galles, les Cornouailles sont,
bien entendu, la Première Nation de l'Angleterre. Les Cornouaillais comptent
parmi les derniers vestiges des anciens Britanniques qui ont été déplacés
vers l'ouest par des envahisseurs en provenance de Rome, de la Saxe et
de la Normandie. Fier de son héritage, un député cornouaillais a dûment
tiré parti de cette disposition qu'il avait évidemment demandée.
Évolution de la période des questions
Il n'existe sans doute aucun groupe de parlementaires qui soit entièrement
satisfait de la procédure mise à sa disposition pour faire un examen satisfaisant
de l'exécutif. Peu de politiciens que j'ai connus auraient prétendu, en
toute lucidité, que la procédure est toujours utilisée à bon escient. À
coup sûr, à Westminster, les simples députés allèguent depuis longtemps
que la période des questions à la Chambre des communes constitue un moyen
imparfait pour tenir les ministres responsables. Par conséquent, en 2002,
le Comité de la procédure de la Chambre a enquêté sur les questions parlementaires
et a présenté un certain nombre de propositions en vue d'une réforme.
Les députés fédéraux canadiens qui n'ont pas encore visité Westminster
pourraient être surpris d'apprendre que, bien que la période des questions
à la Chambre des communes britannique se déroule pendant une heure au cours
de chaque séance tenue le lundi, le mardi, le mercredi et le jeudi, le
premier ministre y assiste seulement le mercredi et seulement pendant
30 minutes et que d'autres ministres y participent selon un tableau de
service, ce qui fait que la plupart d'entre eux se retrouvent à la Chambre
seulement une journée par période de quatre semaines. Certains ministres
y assistent encore moins souvent.
Non seulement cette rotation dispense la plupart des ministres britanniques
de répondre aux questions, mais un préavis doit être fourni au sujet de
toutes les questions de sorte que les ministres en connaissent la nature.
Seul le premier ministre répond aux questions sans préavis. En 2002, l'avis
des questions orales devait être fourni en personne lors d'une journée
précise, et ce, dix jours avant la séance, ce qui représente deux semaines
complètes (de part et d'autre d'une longue intersession, cela pouvait représenter
des mois). Le sujet brûlant du jour, lors du dépôt d'une question, était
souvent devenue dépassé quand celle-ci était finalement posée à la Chambre.
De surcroît, la question brûlante de ce jour-là sortait souvent du cadre
des questions pour lesquelles un avis avait été donné et ne pouvait donc
pas être abordée sur le parquet de la Chambre, à l'exaspération des simples
députés et des ministres. Rien de surprenant à ce que des députés britanniques
aient voulu que les choses changent.
En 2003, ils ont eu droit à un changement& un changement minime. La période
de préavis a été réduite à trois jours de séance et un système de présentation
des questions par voie électronique a été instauré. Ces mesures résolvaient,
en grande partie, le problème de l'actualité des questions et facilitaient
considérablement la transmission de l'avis pour les députés. Cependant
le tableau de service est maintenu et les ministres autres que le premier
ministre connaissent encore à l'avance les questions qui leur seront posées
et sont donc capables de préparer leurs réponses.
La force du système britannique se trouve moins dans les règles que dans
le déroulement de la période des questions. Le président (qui, comme au
Canada, préside toujours en personne pour les questions orales) demande
au ministre de répondre à la première question inscrite au feuilleton.
La réponse donnée, le président demande au député au nom duquel la question
a été déposée de poser une question complémentaire, pour laquelle aucun
avis n'a été donné (à moins qu'il ait été fourni officieusement par le
député concerné). Après la réponse du ministre, le président demande à
un député de l'opposition de poser une autre question complémentaire. Il
continue de demander des questions complémentaires de cette manière, toujours
en alternance entre les partis, jusqu'à ce qu'il juge qu'il est temps de
poser la question suivante qui est inscrite au feuilleton.
Si un député oublie de formuler sa question sous une forme d'interrogation
appropriée; si sa question complémentaire s'écarte de la question d'origine;
s'il cherche à poser plus d'une question; s'il prend trop de temps à la
poser, le président intervient et rappelle le député à l'ordre. Ce faisant,
il exerce son jugement, qui ne peut pas être contesté. De même, si un ministre
répond trop longuement ou s'il exprime des remarques sur les politiques
de l'opposition au lieu de rendre compte de ses propres politiques, il
sera réprimandé par le président.
Les députés sont également tenus d'écouter. À l'occasion, on peut certainement
entendre un bruit de fond à Westminster, mais il n'est pas comparable au
brouhaha constant que l'on peut entendre sur la Colline. Si le président
entend, ou même s'il aperçoit, deux députés en train de discuter au lieu
d'écouter les délibérations, il leur demandera de poursuivre leur discussion
à l'extérieur de la Chambre. Et malheur au député qui utilise son téléphone
cellulaire ou un autre « dispositif électronique » dans la Chambre, puisqu'il
subira l'opprobre du président de la Chambre et que celui-ci pourrait,
par la suite, choisir de l'ignorer pendant des jours. Quant aux applaudissements,
ils sont tout simplement interdits à Westminster; il n'y a pas non plus
de bureaux sur lesquels marteler. Les députés murmurent toutefois des « Bravo! »
chaque fois qu'ils entendent des propos qui leur plaisent. Un tel murmure
peut se transformer en un véritable crescendo s'ils estiment qu'un collègue
a besoin d'aide. Là encore, le président fait preuve de jugement, intervenant
s'il juge qu'il y a trop de boucan, mais reconnaissant qu'un certain niveau
de bruit de fond est conforme à une saine démocratie.
Le défi que doit relever le président consiste à atteindre un juste équilibre
entre le maintien de l'ordre et la répression d'expressions légitimes de
soutien ou de dissension. Un tel équilibre peut seulement être atteint
avec l'appui de la Chambre dans son ensemble.
La période des questions au Canada possède beaucoup de qualités que les
députés de Westminster convoiteraient : pas de préavis des questions; pas
de tableau de service; l'obligation, pour le premier ministre, d'assister
aux séances chaque jour. Mais, pour un observateur de Westminster, son
impact est réduit par le bruit excessif ainsi que par la nature extrêmement
partisane des délibérations. Il est incontestable que le Comité permanent
de la procédure et des affaires de la Chambre a cerné le problème : il concerne
chaque député et de tels problèmes sont parmi les plus difficiles à régler.
Mettre le premier ministre dans l'embarras
En plus du drame hebdomadaire en un acte d'une demi-heure que doit jouer
le premier ministre pendant la période des questions, M. Blair a été le
premier premier ministre de l'histoire moderne à se prêter à une plus longue
période de questions par un comité permanent. Depuis juillet 2002, deux
fois par année, Tony Blair accepte de bonne grâce de se faire cuisiner
pendant trois heures par le Comité de liaison de la Chambre des communes,
qui, comme le comité canadien du même nom, est composé des présidents de
tous les autres comités permanents.
Ces occasions, qui ont habituellement lieu en janvier et en juillet, ont
tendance à être moins partisanes que la période des questions à la Chambre.
Les 30 présidents consacrent un temps considérable à préparer leurs questions.
Des semaines avant le jour J, ils se rencontrent en petits groupes interpartis
pour discuter de questions liées notamment aux affaires étrangères, à la
politique économique, à la criminalité et à la justice, afin de planifier
le déroulement de la réunion. Les analystes employés par les divers comités
entreprennent ensuite de fournir des mémoires à ces groupes. Lors de réunions
ultérieures, ils élaborent une stratégie en vue de la séance de témoignages.
Par la suite, un jeudi matin, le premier ministre affronte les présidents
fin seul. À n'en pas douter, il s'est préparé autant qu'eux. À coup sûr,
il semble tirer le plus d'avantages des échanges, mais, pour ce faire,
il doit s'expliquer longuement et en détail. Les échanges de petites phrases
de la Chambre sont remplacés par un entretien plus approfondi. Comme exercice
de responsabilisation de l'exécutif au Parlement, on ne peut faire mieux,
ou rêver de faire mieux, et ce, à l'échelle mondiale.
Bien entendu, il sera difficile pour tout futur premier ministre de changer
cette pratique. On est en droit de se demander comment un premier ministre
qui n'est pas Tony Blair pourra y faire front. Nous n'aurons pas à attendre
très longtemps pour le savoir.
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