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Gaston Bernier
Les bibliothèques parlementaires ont habituellement une approche toute
pragmatique des besoins documentaires des élus et de leurs personnelles.
Les collections composées au cours des deux cents dernières années faisaient
une large place aux classiques de la littérature et des sciences à côté
des publications des États et des assemblées elles-mêmes et des journaux
nationaux, régionaux ou locaux. De fait, dans bien des cas, les bibliothèques
législatives, apparues avant les bibliothèques dites nationales et souvent
avant les bibliothèques publiques, ont acquis et conservé des documents
relevant de toutes les disciplines possibles et de tous les champs d'intérêt.
Jusqu'à maintenant, la réflexion sur les besoins documentaires des élus
nationaux ou locaux est fort restreinte, si on se fie à la plus que légère
production éditoriale sur le sujet au cours du dernier demi-siècle. Cet
article propose de repenser le rôle des bibliothèques afin de répondre
aux besoins des législateurs.
Les besoins documentaires des élus, seraient fonction des tâches qui leur
sont dévolues : législation, contrôle de l'action gouvernementale, truchement
entre les citoyens et l'État, animation d'ensemble de la société. La documentation
nécessaire et souhaitée sera différente selon les députés, selon le type
d'activités qu'ils privilégient et selon leurs domaines d'intervention
(économie, culture, questions sociales, instruction publique, &). Dans
tous les cas, on tiendra pour acquis que la bibliothèque ou le centre de
documentation possédera et conservera le plus de données possibles, contemporaines
et à jour, sur la réalité nationale : les publications de l'État, des ministères
et des organismes gouvernementaux, les journaux nationaux et locaux, les
monographies sur le pays et ses régions, etc. Une telle collection sera
utile à tous les députés quels que soient leurs secteurs d'élection. Au-delà,
le spécialiste de la législation devrait disposer de collections idoines,
le contrôleur également et ainsi de suite. Il serait intéressant de voir
si ces hypothèses peuvent être vérifiées et si les assemblées peuvent en
tirer des lignes directrices pour l'avenir immédiat et à plus long terme.
Dans un même ordre d'idée, on pourrait tenter de voir si les besoins d'information
des parlementaires sont différents selon qu'on considère un parlement dans
son ensemble, les commissions, les groupes ou les partis politiques et,
enfin, les parlementaires pris individuellement.
On a pu observer, au cours des années récentes, un rapprochement significatif
entre les services d'études (ou de recherche), services indépendants ou
non de la bibliothèque, et les commissions parlementaires. Jusque-là, les
prestations réalisées à la demande de ces dernières représentaient la partie
congrue de l'ensemble des heures travaillées. L'appui des agents des services
d'études semble fort apprécié des parlementaires et des équipes de direction
des commissions. En la matière, la collaboration ne va pas encore jusqu'à
intégrer des spécialistes de l'information documentaire stricto sensu.
Y a-t-il lieu d'envisager une telle possibilité ou les agents des services
d'études peuvent-ils continuer à faire le truchement?
Dans la tentative de cerner les besoins documentaires du milieu parlementaire,
on peut utiliser d'autres prismes et mettre l'emphase sur les types d'information
souhaités ou utiles. Les typologies présentées en contexte nord-américain
pourraient contribuer à fixer un partage entre l'apport des bibliothèques
et celui d'autres instances, car il faut bien constater que celles-là doivent
compter avec la présence de multiples sources d'information et que les
hommes et femmes politiques n'hésitent pas à en utiliser toute la palette.
Aussi, les distinctions entre l'information (des données brutes à leur
interprétation) et la connaissance ou encore entre l'information technique
et l'information dite politique pourraient contribuer à camper les fonctions
documentaires et à en marquer les limites ou les frontières.
La qualité des services et leur ampleur de même que le partage des tâches
entre des services limitrophes (services d'études, secrétariat des commissions
parlementaires, conseillers en procédure) font maintes fois l'objet d'échanges
et d'observations. Habituellement, on souhaite que l'information acheminée
aux élus provienne, en ce qui a trait au fond, de sources diverses, qu'elle
soit complète et approfondie, exhaustive et nuancée, sûre ou fiable, rigoureuse,
précise et objective. De plus, devrait-elle encore, cette fois en regard
de la forme, être claire, condensée, synthétique, concise et rapide. Une
telle énumération illustre sans doute le fait que les services d'information
ad intra ont avant tout une obligation de moyens à l'égard de leurs abonnés
ou de leurs correspondants. Reste à voir si les conditions énumérées changeront
avec les ans ou si on en ajoutera de nouvelles.
Organisation de la fonction documentaire
L'organisation des services documentaires au sein d'une assemblée suppose
des crédits, un emplacement hiérarchique et physique, une structure interne.
Les bibliothèques parlementaires, comme tous les services mis à la disposition
des élus, doivent compter sur des crédits suffisants. La condition, cependant,
n'éclaire pas beaucoup : dans un contexte où prévaut une obligation de moyens,
on pourrait fixer ou solliciter des sommes très élevées, on pourrait négliger
l'appui sur les centres du voisinage en excipant des aléas de la collaboration
ou des communications, on pourrait composer une collection encyclopédique
dans un esprit d'autarcie. Le contexte technologique actuel, les facilités
de communication ou la diversification des supports documentaires, doit
être pris en compte. Si on y parvient, la bibliothèque parlementaire devrait
en arriver à se concentrer sur un certain nombre de tâches essentielles
et en abandonner d'autres qu'elle a assumées par le passé (conservation
des publications du territoire, coordination des bibliothèques publiques&).
L'importance du financement qu'on devrait lui accorder dépendra pour une
large part du partage des responsabilités à l'intérieur du réseau environnant
et des tâches qu'on lui confiera. Les niveaux de crédits observés dans
un certain nombre d'entre elles pourraient constituer une norme à suivre
ou à mettre de l'avant. Les crédits alloués à l'avenir à la fonction documentaire
ne retrouveront pas l'importance relative qu'ils ont eue par le passé.
L'information documentaire, de plus en plus protéiforme, n'est plus le
monopole de la bibliothèque et, dans bien des situations, on peut la court-circuiter
ou l'ignorer. L'important demeure que les élus aient accès aux données
dont ils ont besoin et que la bibliothèque, pour sa part, ait les ressources
nécessaires qui lui permettront de répondre aux demandes qui lui sont acheminées.
À côté des crédits nécessaires ou souhaitables, un autre débat, mieux :
un autre sujet de discussion, concerne la situation hiérarchique des services
documentaires. Il arrive souvent, dans les secrétariats administratifs
des assemblées, que des services jugés d'importance stratégique soient
placés dans le voisinage immédiat du secrétaire général ou sous sa tutelle.
On en a même vu relever, temporairement sans doute, des présidents eux-mêmes.
Habituellement, les fonctions nouvelles ou potentiellement à l'origine
de retombées significatives seront regroupées près du sommet de la hiérarchie.
La structuration de plus en plus marquée du secteur administratif des assemblées
parlementaires réduit cependant le nombre d'exceptions. De nos jours, les
services de bibliothèque en milieu parlementaire sont devenus des fonctions
traditionnelles, leur impact est bien connu et le monopole ou quasi-monopole
qu'ils ont pu exercer en matière d'information est un phénomène du passé.
Aussi, est-il normal que le centre de documentation ou la bibliothèque
soit traitée comme le sont les autres services administratifs des assemblées.
Considérée comme n'importe quel service de l'assemblée, la bibliothèque
pourra prendre place au sein d'une direction ou d'une direction générale
ayant une certaine homogénéïté ou une certaine unité, des préoccupations
voisines et, donc, des échanges ou liens fréquents. Il serait tout à fait
logique, à première vue tout au moins, que la bibliothèque se trouve dans
le voisinage hiérarchique des archives, des services d'études ou de recherche,
des commissions et même, on pourrait aligner des exemples concrets, des
services d'information du public ou même des services de distribution de
documents parlementaires. Cependant, comme les organigrammes horizontaux
semblent bien adaptés à l'administration des organismes politiques, les
regroupements seraient plutôt secondaires, à l'égal des lignes d'autorité.
De fait, on a observé que le milieu politique influence le fonctionnement
administratif : les ordres et les commandements ont moins d'importance que
les négociations et les consensus. C'est dire, en somme, que les organigrammes
administratifs et les regroupements bien justifiés n'auraient pas d'effets
déterminants sur le fonctionnement des services et leur rendement. Mais
le thème mériterait sans doute quelque attention et quelques recherches.
Dans le même ordre d'idées, on peut constater que diverses formules sont
adoptées de par le monde. William Robinson en a identifié au moins quatre :
services intégrés, services articulés, services indépendants et services
dispersés1. Dans certains parlements, les services documentaires sont indépendants
les uns des autres; dans d'autres, on se sert de la bibliothèque comme
entité de regroupement; ailleurs, le service de recherche ou d'études est
antérieur et est responsable de la bibliothèque. La première formule prévaut
à l'Assemblée nationale française; la deuxième, dans les parlements de
type britannique; la troisième, à Washington et à Tokyo. Sans qu'il ne
soit besoin d'assimiler l'une ou l'autre des formules à une martingale
administrative, on pourrait se pencher sur le bien-fondé ou sur la philosophie,
s'il en est une, des trois approches et identifier celle qui pourrait convenir
à la nouvelle réalité et aux années qui viennent.
La structure administrative interne de la bibliothèque ou du centre de
documentation parlementaire n'est pas à l'origine des mêmes débats ou des
mêmes discussions. À ce niveau, on a comme l'impression que le prosaïsme,
le pragmatisme et même le mimétisme prévalent. Toute bibliothèque traditionnelle
aura son service des entrées ou des acquisitions, son service de catalogage
et de classement ou encore de traitement, son service aux lecteurs ou son
service de référence. Des services périphériques leur sont parfois associés
(études, information des citoyens, archives, etc.). Il y a tout lieu de
croire que l'organisation interne de demain ne s'éloignera que peu des
pratiques actuelles en dépit des améliorations techniques des communications
et de l'information encore que certains ajustements soient souhaitables.
De l'organisation intérieure des bibliothèques à leur situation dans l'organigramme
des secrétariats administratifs, on peut glisser à leur emplacement physique
et même à leur superficie. Apparues très tôt, elles ont habituellement
hérité de locaux situés à proximité des Chambres et des élus. À l'époque,
les secrétariats étaient réduits et les services également. Les communications,
pour utiliser un euphémisme, n'étaient pas ce qu'elles sont maintenant.
Aussi, tenait-on pour normal et même logique que la documentation et ses
spécialistes soient au cSur ou au centre de l'institution parlementaire.
Mais fera-t-on des choix similaires à l'avenir? Les techniques informatiques
de stockage, de repérage et de communication pourraient annuler le besoin
de déplacement des lecteurs, c'est-à-dire des parlementaires, de leurs
collaborateurs immédiats ou des fonctionnaires, et le lieu physique de
la bibliothèque parlementaire pourrait perdre son importance stratégique.
Déjà, dans certains domaines, experts et étudiants sont mieux servi en
utilisant leur micro-ordinateur qu'en se rendant physiquement à la bibliothèque.
Ce qui ne veut pas dire que la médiation des documentalistes devient superflue.
Par ailleurs, la miniaturisation et la numérisation des documents rend
la recherche d'espace moins prégnante pour les bibliothèques parlementaires,
dont la mission de conservation ne concerne qu'une partie des collections.
Personnel
Le monde de la documentation s'améliore sans cesse, il continue de s'appuyer
sur des techniques de plus en plus puissantes et, parallèlement, le partage
et la spécialisation des ressources s'imposent. De plus, l'accessibilité
électronique généralisée de certains corpus et de certaines données pourrait
faire en sorte que des lecteurs repèrent et consultent les documents sans
le truchement de la bibliothèque. Dans un tel contexte, on peut se demander
si le nombre d'employés de cette dernière augmentera, stagnera ou diminuera
en chiffres absolus autant qu'en comparaison avec les autres services parlementaires.
Certains secteurs traditionnels des bibliothèques connaissent des mutations
importantes : le catalogage, fait de manière autarcique par le passé, est
devenu une entreprise partagée, la reliure perd de son importance avec
la multiplication des microfilms, des microfiches et des cédéroms, la consultation
de publications électroniques plutôt qu'imprimées devrait faire diminuer
l'importance de la remise en rayon. Plus important encore sera l'efficacité
supplémentaire des référenciers grâce à la recherche informatisée. Face
à tous ces changements et à d'autres, on pourrait s'attendre, tout au moins,
à ce que des choix se présentent : maintenir le niveau des services et diminuer
l'effectif ou les améliorer en conservant les postes obtenus antérieurement
ou, encore, confier de nouvelles responsabilités ou de nouvelles fonctions
à la bibliothèque.
L'évolution en cours des techniques de communication et d'information,
en plus d'influencer le nombre d'employés des bibliothèques, mieux : leur
proportion au sein de la fonction publique parlementaire, devrait également
signifier des changements au titre de la formation et des exigences des
nouveaux recrutés et des programmes de perfectionnement ou de formation
des personnes en place. La nature profonde du travail documentaire reste
le même avec les époques et il serait aisé d'illustrer le continuum qui
marque son évolution. Cependant l'augmentation des données tout autant
que les techniques et les moyens actuellement à la disposition des bibliothécaires
et documentalistes sont à la fois nouveaux et sans commune mesure avec
ce que les sociétés connaissaient il y a un demi-siècle. Aussi peut-on
tenir pour acquis que les spécialistes de la documentation qui seront recrutés
à partir de maintenant seront bien au fait des appareils et des mécanismes
informatiques contemporains, qu'ils seront en mesure de les utiliser efficacement
mais également d'en enseigner l'utilisation tant aux hommes et femmes politiques
qu'à leurs attachés. On peut souhaiter aussi que les documentalistes en
place auront une formation et des champs d'intérêts divers, étant donné
l'universalité des préoccupations des parlementaires (et des gouvernements)
et qu'ils sauront les préserver du déluge documentaire. La mondialisation
devrait aussi amener les autorités à définir certaines exigences en matière
de langue : on peut supposer qu'une équipe de référenciers pourrait inclure
des personnes ayant une connaissance passive ou fonctionnelle des langues
étrangères les plus significatives pour une entité politique donnée. De
plus, il est des préoccupations qu'ils devraient intégrer, comme celle
de jouer le rôle de filtre et de n'expédier aux lecteurs parlementaires
que la substantifique moelle, car la surabondance ou le déluge en matière
de documentation est à peine moins regrettable que le désert intégral.
Enfin, on peut espérer que les employés de demain prendront en compte instantanément
les changements de responsabilités et des centres d'intérêts des parlementaires
pris individuellement.
Technologie
Tous les secteurs de la documentation parlementaire sont affectés, améliorés
ou renforcés par les nouveaux moyens informatiques disponibles. Au titre
des communications, il n'est aucune mesure entre l'instantanéité ou quasi-instantanéité
actuelle et la lenteur relative observée précédemment. Qu'on pense au temps
qu'il fallait au XIXe
siècle en Amérique pour obtenir un volume publié
en Europe ou pour recevoir son courrier ou la presse. Qu'on pense à la
difficulté de reproduction d'un document : il fallait le copier ou faire
appel à des copistes. Qu'on pense à l'isolement des bibliothèques d'alors
et à l'existence de moyens de repérage tout à fait rudimentaires, manuels
pourrait-on dire. Et puis il fallait compter avec le monopole d'un support,
l'imprimé. Sans qu'il soit nécessaire ici de dresser un inventaire des
changements, on peut en souligner la multiplicité : l'existence des cédéroms,
des microfilms et des microfiches à côté des livres et des périodiques,
l'existence de liens électroniques avec les bibliothèques du voisinage
ou de l'étranger, la présence de moyens de reproduction (photocopie ou
numérisation), de canaux de transmissions extrêmement rapides et d'outils
de repérage puissants et souvent universels.
En matière de technologie de communication et d'information, les bibliothèques
parlementaires devraient pouvoir suivre de près l'évolution générale des
milieux documentaires nationaux. Elles ne sont pas toutefois des laboratoires
en la matière. Cependant, elles devraient être en mesure d'intégrer rapidement
les techniques adoptées dans chacun des pays et, à la limite, elles devraient
pouvoir adopter celles qui sont recommandées par les organismes internationaux
spécialisés de sorte que la collaboration et la coopération entre elles
soient aisées et naturelles.
La présence des techniques constitue sinon une occasion unique pour les
bibliothèques parlementaires, du moins des instruments incomparables à
plusieurs titres. Actuellement, les chercheurs et les documentalistes,
les parlementaires et les citoyens ont accès en direct à des données nord-américaines
et occidentales. Mais les données locales et nationales pour une grande
majorité de pays et de parlements sont inrepérables, en tout cas difficilement
repérables, car les tables alphabétiques sont absentes comme, parfois,
les collections intégrales des journaux ou les grandes séries des publications
gouvernementales ou parlementaires. Il y a là un chantier à occuper localement.
Par ailleurs, la présence de supports électroniques, dont les cédéroms,
et surtout l'existence de bibliothèques numériques et la possibilité de
consulter à distance des collections propres à une entité politique tierce
ou encore de les obtenir en un tournemain grâce à des systèmes de transmission
de documents (logiciel Ariel en particulier2) dégageront les bibliothèques
étrangères de leur conservation sur leurs propres rayons ou dans leurs
banques de données3.
De la sorte, dans la grande majorité des cas, chacun pourra se délester ou se
défausser du traitement bibliographique et du classement de telle ou telle
collection et se concentrer sur la documentation locale. L'apport des techniques
informatiques, à un autre titre, facilitera l'appui et les services aux
parlementaires : il devient plus facile de gérer les profils ou centres
d'intérêts des parlementaires et de leur acheminer la documentation ad hoc au
moment opportun, en tout cas rapidement.
Malheureusement, il reste de nombreuses balises à fixer avant que l'horizon
documentaire électronique se stabilise et se rationalise. Pour l'heure,
s'agissant de conservation, les bibliothécaires ne savent ni sur quel pied
danser ni sur qui repose la responsabilité de conserver électroniquement
parlant, la documentation de leur propre État et, a fortiori, celle des
pays étrangers. Bref, on continue de travailler en double ou en triple.
Comme on ignore si le document intéressant mis à disposition sur un site
ou un présentoir électronique y apparaîtra encore longtemps et comme on
n'est pas sûr que quelqu'un a charge d'en assurer la conservation à long
terme ou de manière pérenne, on en tire une copie papier, on la fait relier,
on la catalogue et on la met physiquement à disposition de ses abonnés.
C'est dire que l'incertitude et le flou des pratiques perpétuent des modèles
surannés. Un effort de rationalisation s'impose, qui ne relève pas nécessairement
des bibliothèques parlementaires. Mais au moins devraient-elles attacher
le grelot et sensibiliser les autorités compétentes.
Conclusion
Les bibliothèques législatives possèdent des collections incomparables
de leur propre parlement, elles conservent des trésors historiques et se
font un devoir de faire la cueillette de documents à connotation politique.
Elles s'efforcent de préparer des tables alphabétiques ou des répertoires
destinés à faciliter le repérage à l'intérieur d'immenses corpus. Peut-être
serait-il temps qu'elles assument une responsabilité officielle au sein
du réseau des bibliothèques des différents pays, qu'elles deviennent, comme
le suggère un ancien bibliothécaire parlementaire australien, une sorte
de bibliothèque nationale de la vie politique d'un territoire donné4.
Les changements, entr'aperçus plus haut, lesquels marqueront les bibliothèques
parlementaires au cours des années à venir se feront sans que la réalité
profonde ou les grands paramètres ne soient modifiés. Mais les bibliothèques
pourraient davantage s'intégrer à leur environnement documentaire, participer
au partage des ressources documentaires nationales et, à ce titre, négliger
la conservation de documents rarement consultés déjà consultables à distance.
Chose sûre, les bibliothèques ou centres de documentation des assemblées
et parlements devront être conçus avant tout pour les élus et leurs attachés.
Elles doivent se définir comme un service destiné aux législateurs et aux
parlementaires de toutes les nuances. Elles doivent, pourrait-on dire,
exister en fonction des activités des organismes collectifs des parlements
mais aussi des parlementaires considérés individuellement.
Notes
1. Jean-François Le Men, L'information du Parlement français; « Notes et
études documentaires », 4758; Paris : la Documentation française, 1984, 140
p.
2. Une bibliothèque qui peut compter sur ce qu'on appelle une « station
Ariel » et de l'équipement informatique courant peut numériser ou faire
un balayage optique de documents, en transmettre les images par Internet
à d'autres stations Ariel, où on pourra en tirer une copie papier. Le destinataire
peut réceptionner les documents grâce à sa boîte à lettres électronique.
Le processus est rapide et la communication de fichier d'images numérisées
permet la conservation de la qualité. On trouve une présentation du système
à http://www.infotrieve.com/ariel/.
3. Comme l'a souligné madame Simone Signori, députée à l'Assemblée nationale à
l'époque : « & les bibliothèques peuvent actuellement et pourront de plus
en plus, au cours des années qui viennent, s'appuyer les unes sur les autres
quand il s'agit de collections périphériques, secondaires ou étrangères »
(Bulletin de la Bibliothèque de l'Assemblée nationale, vol. 29, nos 3-4,
octobre 2000, p. 7-8).
4. R.L. Cope, « If special libraries are disappearing, why are parliamentary
libraries surviving? Contradictory currents and changing perceptions”,
The Australian Library Journal, November 2000, p. 307-326.
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