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Gary Levy

With the People Who Live there: The History of the Yukon Legislature 1909-1961

Ce livre est issu d’un rapport rédigé dans les années 1980 par Linda Johnson, professeure d’histoire au Collège du Yukon. Ce rapport portait sur les années 1909 à 1961, c’est-à-dire sur les débuts du gouvernement représentatif. Comme 2009 marque le centenaire de l’établissement d’un gouvernement élu au Yukon, le président de l’Assemblée législative a autorisé la publication d’une version actualisée de cette étude pour souligner l’occasion.

Chacun des huit chapitres vise une période différente de l’histoire du Yukon, en s’attardant sur les activités du Conseil élu (nom que l’on donnait à l’Assemblée législative à l’époque). Le chapitre sur le tout premier conseil totalement élu, en 1909, est l’un des plus intéressants, car trois groupes se sont alors rapidement formés pour contester l’élection. Après le dépouillement des suffrages, six libéraux, quatre conservateurs et deux travaillistes sont élus. Ils tentent en vain d’obtenir immédiatement « l’autonomie gouvernementale », mais ils doivent se contenter d’un rôle de conseillers auprès du commissaire nommé par Ottawa.

Les autres chapitres traitent des travaux de l’Assemblée, dont l’histoire suit les fluctuations de l’économie territoriale et dépend des gestes posés par les différents gouvernements à Ottawa. La vie n’est pas facile au Yukon pendant la Grande Guerre et les années 1920, alors que l’économie s’effondre et qu’on assiste à une migration massive des habitants. En 1919, Ottawa réduit la composition du Conseil à seulement trois circonscriptions (représentée chacune par deux membres). Comme partout ailleurs au Canada, on débat alors surtout de la prohibition de l’alcool, mais, au Yukon, il s’agit plus d’une question économique que morale, puisque les recettes provenant des boissons alcoolisées constituent l’une des rares sources de revenus du territoire.

La Grande Crise des années 1930 frappe moins durement au Yukon qu’ailleurs au Canada, en raison du faible nombre d’habitants et de la disponibilité de produits cultivés localement. Toutefois, le Conseil, dont les membres sont fréquemment élus par acclamation, se réunit peu souvent et voit sa marge de manœuvre diminuer alors que les subventions d’Ottawa sont réduites au minimum.

En 1937, les membres du Conseil sont confrontés à une crise majeure, puisqu’Ottawa et la Colombie-Britannique semblent avoir conclu une entente en vue d’annexer le Yukon à cette province. Cette proposition n’est pas très populaire auprès des citoyens et finit par être stoppée grâce à une étrange coalition rassemblant l’Église catholique romaine, qui s’oppose à l’absence de garanties pour les écoles séparées en Colombie-Britannique, et des sociétés minières qui craignent une hausse des impôts.

La guerre entraîne de grands changements au Yukon, comme la construction de la route de l’Alaska et l’aménagement d’une bande d’atterrissage américaine à Whitehorse. Le Conseil est peu consulté au sujet de ces changements de grande importance, mais les besoins en matière de logements, de routes et de programmes sociaux donnent à ses membres largement de quoi s’occuper.

Après la guerre, on débat surtout de l’éventuel transfert de la capitale de Dawson à Whitehorse, ville qui se développe beaucoup plus rapidement. On discute aussi de la possibilité d’intégrer au Yukon une partie des Territoires du Nord-Ouest, qui disposaient uniquement d’un conseil nommé. Après des années de débats et d’opposition farouche de la ville de Dawson, le gouvernement fédéral décide finalement de faire de Whitehorse la nouvelle capitale.

L’auteure mentionne souvent l’absence de femmes et d’Autochtones dans la vie politique yukonaise. En effet, ce n’est qu’en 1967 que la première législatrice est élue, et il faut attendre une vingtaine d’années de plus avant l’élection des premiers législateurs autochtones. Malgré l’absence de représentants de ces groupes, l’auteure conclut que les conseils élus ont grandement contribué à ce que le Yukon puisse préserver son identité, et qu’ils ont aussi jeté les bases constitutionnelles du territoire actuel.

Gary Levy

 

Canadian Parliamentary Review Cover
Vol 32 no 4
2009






Dernière mise à jour : 2020-03-03